Titre : Coup de déprime
Auteur : val-rafale@club-internet.fr
Série : Weiss Kreuz
Pairing : Crawford x Aya
Genre : Yaoi / Romance /
Lemon.
Coup de déprime
Aya sortait de l’hôpital où
se trouvait sa petite sœur. Comme d’habitude après ses visites, il déprimait,
désespérant un jour de la voir sortir de son coma et ainsi de reprendre une vie
normale. Les médecins eux même étaient pessimistes. Jamais la jeune fille ne
s’en sortirait, elle resterait à jamais inconsciente. Cela abattait le Weiss. Il
avait beau avoir réussi à vaincre celui qui l’avait mise dans cet état, sa sœur
ne s’était pas réveillée pour autant. A quoi cela lui avait-il servi ? Mis
à part assouvir une vengeance qui ne lui avait pas donné le repos de l’âme. Cette
victoire ne lui laissait au final qu’un goût amer dans la bouche. A quoi cela
servait-il de se venger si ça ne pouvait pas ramener les personnes qu’il aimait
à la vie ? Pourquoi n’était-il pas mort aussi ? Le rouquin ne
méritait pas plus de vivre que sa chère sœur qui était encore innocente,
contrairement à lui. Aya poussa un long soupir. Il se sentait coupable d’être
encore en vie, alors que ses parents étaient morts, alors que sa sœur était
dans le coma et n’avait que peu de chance de s’en tirer. Il n’en pouvait plus…
D’un pas lourd, le rouquin se
dirigea vers sa voiture. Il l’ouvrit avant de se laisser tomber sur le siège
conducteur. Il posa ses mains sur le volant l’air complètement accablé. Doucement
il inséra la clé de contact dans son emplacement et mit en marche le moteur. Fujimiya
quitta le parking de l’hôpital pour retourner au Koneko. Il conduisit le plus
lentement possible, retardant au maximum son retour chez lui. Quand il fut à
quelques mètres du magasin, le Weiss donna un brusque coup de volant. Il fit
demi tour pour s’éloigner, il n’avait aucune envie de rentrer, aucune envie de
voir ses partenaires ou de les entendre lui demander des nouvelles de sa sœur.
Tout ce qu’Aya désirait, c’était être un peu seul. Il voulait essayer de penser
à autre chose, même si cela n’était pas gagné…
Après une heure à rouler sans
avoir de destination précise, le jeune homme se gara à proximité d’un parc. Il
descendit tranquillement de son véhicule puis se dirigea vers ce dernier. Le
rouquin marcha pendant de longues minutes sans faire attention aux personnes
qu’il croisait. Au bout du compte, il s’arrêta pour regarder un pont qui
permettait aux promeneurs de franchir une petite rivière. Le Weiss se dirigea
vers lui et s’avança jusqu’au centre. Là, il se pencha pour regarder l’eau qui
s’écoulait. Elle avait l’air relativement profonde vu qu’il n’arrivait pas à voir
le fond. Ce serait si simple de se jeter dedans. Même si il savait très bien
nager, dans son état, il se laisserait couler pour mourir. C’était tout ce que
désirait Fujimiya.
Doucement, il posa un pied
sur l’une des barres pour escalader la rambarde. Il monta dessus puis regarda à
nouveau en dessous de lui. L’eau coulait lentement. Un fin sourire étira les
lèvres d’Aya. Il ferma les yeux puis se laissa basculer en avant.
-
Fujimiya !! »
hurla une voix grave d’homme à cet instant précis.
L’interpellé sursauta et
regarda à sa droite. Au même moment, deux bras le saisirent par la taille. Hélas,
le Weiss perdit l’équilibre et tomba en avant entraînant celui qui l’avait
attrapé. Tous les deux basculèrent par-dessus la rambarde. Un grand bruit
d’éclaboussement se fit entendre. Après sa chute, Aya sentit un corps sous lui.
Il se redressa puis observa celui qui l’avait fait tomber. Le rouquin était à
moitié allongé sur un bel homme brun aux yeux moka.
-
Crawford… »
murmura-t-il plus que surpris.
-
J’ignorais que tu
avais des envies de suicides, Fujimiya. » déclara l’oracle un brin agacé
en retirant ses lunettes. « Cependant, je doute que tu y parviennes dans
si peu de profondeur. »
Brad fit un vague mouvement
de la main pour lui montrer le ruisseau. En effet, contrairement à ce que le
rouquin pensait, l’eau ne leur arrivait qu’à peu près au niveau des genoux. Aya
grogna, vexé par cette remarque et se remit debout tout en foudroyant son
ennemi du regard.
-
De quoi te
mêles-tu ? » demanda-t-il durement.
-
Regarde moi dans
quel état je suis. » remarqua Brad en soupirant, se relevant à son tour.
« Ca va me coûter une petite fortune en teinturier. »
-
Teinturier ?! »
s’étonna le rouquin interloqué.
Il le fixa intensément. Le
Schwarz ne semblait pas l’avoir entendu, ne se souciant que de son costume. C’était
à croire qu’Aya n’existait pas. Cette façon que Crawford avait de l’ignorer,
l’énervait à un plus haut point.
-
Tu as entendu ce
que je t’ai dis au moins ? » interrogea-t-il furieux.
-
Pardon tu
disais ? » demanda très calmement l’oracle en haussant un sourcil.
Le rouquin l’observa puis
grogna quelques paroles totalement incompréhensibles. Il tourna ensuite le dos
à son ennemi et se dirigea vers la berge pour sortir de l’eau. Soudain,
Crawford le saisit par le bras.
-
Où vas-tu comme
ça ? » questionna-t-il d’une voix neutre.
-
Qu’est-ce que ça
peut te faire ? » répliqua le Weiss en se libérant de l’emprise de
son vis-à-vis.
-
Pourquoi
t’énerves-tu ? » demanda l’oracle en remettant ses lunettes.
-
Tu oses me poser
cette question ?! » s’exclama le cadet hors de lui en lui faisant
face. « Et puis qu’est-ce que ça peut te faire ?! »
Le brun poussa un très long
soupir avant de poser une main devant ses yeux. Il sentait une migraine poindre
à l’horizon. Fujimiya, dans ses bons jours, était difficile cerner mais dans
ses mauvais moments, cela était bien pire. Apparemment, le rouquin ne semblait
pas de très bonne humeur. Brad regrettait déjà d’être intervenue pour
l’empêcher de sauter dans l’eau.
-
Je te demandais
ça gentiment. » fit-il d’un ton calme et posé.
-
Depuis quand te
soucis-tu de moi ? » interrogea Aya en serrant les dents de rage.
-
Je ne m’inquiète
pas. » répondit sereinement l’aîné. « C’était une question comme une
autre. »
Là, c’en était trop pour le
Weiss. Il se détourna encore une fois pour s’éloigner de son ennemi. Mais ce
dernier le saisit à nouveau par le bras pour le retenir, visiblement pas décidé
à le laisser partir.
-
Fujimiya,
attends. » rappela-t-il d’une voix douce. « Tu es trempé. Je pense
que tu devrais venir chez moi pour te changer. »
-
Donne moi une
bonne raison de te suivre ? » demanda le plus jeune agressif.
-
Mon appartement
est plus proche d’ici que le Koneko. De plus si tu ne veux pas que tes
partenaires te posent diverses questions sur ce qui t’es arrivé, tu devrais me
suivre. » conseilla Brad en souriant. « Ne t’inquiète pas, je ne
tenterai rien contre toi si c’est cela qui te fait peur. »
-
Tu ne m’effraies
pas ! » répliqua Aya froidement.
-
Alors pourquoi
hésites-tu ? » interrogea l’oracle malicieusement.
-
Qu’est-ce que tu
attends pour m’emmener ? » questionna durement le Weiss.
Le sourire du brun s’élargit
un peu plus alors qu’il remontait ses lunettes. Il n’était pas difficile de convaincre
le rouquin de le suivre, surtout pour un manipulateur comme Crawford. Enfin, pour une fois, il ne lui avait pas
menti, il ne le conduisait pas chez lui pour le faire tomber dans un quelconque
piège. C’était juste pour lui éviter d’être mal à l’aise avec ses partenaires. De
plus, Brad était intrigué et inquiet. Il avait envie de savoir pourquoi le
jeune homme désirait mettre fin à ses jours. Et surtout, l’en empêcher…
-
Nous y
allons ? » demanda le Weiss durement.
L’aîné lui dédia un sourire
puis le conduisit à sa voiture. Les deux hommes montèrent à l’intérieur de la
Ford noir afin de se diriger vers l’appartement. Ils y arrivèrent une dizaine
de minutes plus tard. Crawford emmena son compagnon jusqu’à son logement. Il le
laissa entrer en premier puis se tourna vers lui pour le fixer.
-
Je te conseille
de prendre une douche. » fit-il d’une voix neutre. « Pendant ce
temps, je vais prendre tes vêtements pour les laver. En attendant qu’ils
sèchent, je t’en donnerai d’autres. Je vais aussi te préparer une tasse de thé
pour te réchauffer. »
Aya resta silencieux quelque
peu surpris par l’attitude de son ennemi. Ce n’était pas dans ses habitudes de
se montrer ainsi surtout avec lui. Pourquoi agissait-il ainsi ? Pourquoi
se montrait-il si gentil ? Il l’ignorait et d’un certain côté, il s’en
moquait bien. Tout ce qui comptait pour le rouquin était que personne d’autre
que le Schwarz, ne sache qu’il avait envie de suicider. Il savait très bien que
celui-ci ne l’empêcherait pas d’aller jusqu’au bout. Après tout, lui aussi
désirait le voir disparaître. Le Weiss se tourna alors vers son hôte.
-
Où se trouve la
salle de bain. ? » demanda-t-il calmement.
-
Je t’y
conduis. » répondit l’aîné en souriant.
Brad le mena dans la pièce en
question. Elle était plus que grande, avec une baignoire faisait jacuzzi et une
douche séparée. Il y avait un grand miroir au dessus d’un double évier. Juste
en face de ces derniers, avait été placé un grand placard à porte coulissante. Les
murs ainsi que le sol étaient carrelés en mauve. La salle était éclairée par
des petits spots placés à différents endroits. Aya n’avait jamais vu une salle
de bain aussi grande. Il devait reconnaître une chose, son ennemi avait du
goût. Crawford s’approcha de l’armoire et l’ouvrit. Il en sortit un peignoir
ainsi qu’une serviette avant de les poser sur un portemanteau derrière la
porte.
-
Tu peux prendre
un bain si tu veux. » autorisa-t-il en montrant la baignoire.
Le rouquin lui répondit par
un signe affirmatif de la tête et s’avança vers la baignoire. Il ouvrit les
robinets d’eau chaude et froide puis commença à se déshabiller. Brad l’observa
en souriant, le détaillant. Il était magnifique avec un corps parfait et
surtout très désirable.
-
Qu’est-ce que tu
as à me regarder ainsi ? » demanda froidement le Weiss.
-
Je ne te regarde
pas. J’attends tes vêtements pour les mettre à laver. » mentit l’aîné sans
perdre son sourire.
Sans répondre, Aya lui lança
son pantalon et son pull. L’oracle les rattrapa au vol sans se démonter. Il
fixa le jeune homme avec calme tout en remontant ses lunettes une fois de plus.
-
Ne te noie pas
dans la baignoire. » prévint-il en ricanant.
Cette réflexion lui valut un
regard noir. Mais il n’y prêta pas garde. Brad quitta la pièce, laissant son
compagnon seul. Il se dirigea vers une petite pièce voisine mais tout aussi
bien rangée et entretenue. C’était là que se trouvait la machine à laver et le
sèche linge. Le brun y jeta les vêtements du Weiss ainsi que les siens. Il
quitta ensuite l’endroit juste vêtu d’un boxer et d’un tee-shirt. Il se dirigea
vers la cuisine pour y préparer du thé. En attendant que le Weiss ait fini, il
prit un livre et s’installa sur une chaise.
Une demie heure plus tard,
Crawford inquiet de ne pas voir Aya sortir de la salle de bain, décida d’aller
le voir. Etant donné l’état dans lequel il semblait être, il valait mieux
s’assurer qu’il ne tente pas de faire une bêtise. Le voir mourir était la
dernière chose qu’il désirait. Brad ignorait pourquoi il ressentait le besoin
de le sauver. Mais c’était le cadet de ses soucis pour le moment, il devait
juste s’assurer que son compagnon allait bien. Doucement, il frappa à la porte.
-
Fujimiya ?
Puis je entrer ? » demanda-t-il aimablement.
Mais il n’eut aucune réponse.
Inquiet, l’oracle frappa à nouveau contre la porte.
-
Fujimiya ?! »
appela Crawford en fronçant les sourcils.
Toujours rien.
Trop soucieux pour attendre
plus longtemps, le Schwarz pénétra dans la pièce.
-
Aya ! »
cria-t-il soucieux.
L’interpellé sursauta dans la
baignoire et fixa le brun quelque peu surpris par cette entrée. Il ne
s’attendait pas à ce que son ennemi agisse ainsi aussi brusquement.
-
Je peux savoir ce
qui te prend ?! » s’énerva-t-il en serrant les dents.
-
Tu ne m’as pas
entendu t’appeler ? » demanda Crawford durement.
-
Je n’avais pas
envie de te répondre. Je désire être un peu seul. » répondit Aya
froidement.
-
Ah. Je suis
désolé. » s’excusa l’aîné en soupirant un peu soulagé. « Je me
faisais juste un peu de souci. »
-
Toi ?! Te
faire du souci pour moi ?! » s’étonna le rouquin en ricanant.
« Tout à l’heure ce n’était pourtant pas le cas. »
-
C’est pourtant la
vérité… » lui assura l’oracle avec calme.
-
Tu feras croire
ça à quelqu’un d’autre. » répliqua le cadet d’un ton glacial.
Crawford le fixa puis poussa
un nouveau soupir en secouant la tête de gauche à droite. A quoi cela
servait-il de lui répondre ? De toute façon, il était totalement inutile
de se justifier. Le rouquin ne le croirait pas. Il n’admettrait jamais que son
pire ennemi puisse s’inquiéter pour lui, pourtant c’était le cas. Brad avait
remarqué l’expression du visage du jeune homme avant qu’il ne saute dans la
rivière. Il semblait déprimé et paraissait vouloir en finir avec sa vie de
tueur. Ce qui intriguait le brun, c’était ses véritables raisons. Il était vrai
que le Schwarz avait fait mine de ne pas se soucier de lui. Mais c’était uniquement
pour le faire enrager ce qui avait pas mal réussi. Hélas, maintenant, ça se
retournait contre lui.
-
Tu as l’intention
de rester planté là pendant longtemps ? » demanda le Weiss durement.
-
Désolé de t’avoir
dérangé. » répondit l’interpellé en lui tournant le dos pour quitter la
pièce.
Une fois à l’extérieur, le
brun enleva ses lunettes puis posa une main sur son visage. Mais que lui
arrivait-il ? Pourquoi s’inquiétait-il pour Aya ? Il était son ennemi
après tout. Alors pourquoi se faisait-il du souci ? Il l’ignorait, mais
une chose était certaine, il n’avait aucune envie de le voir mourir. C’était
pourtant ce qu’une de ses visions lui avait montré. Le rouquin allait se
suicider. Pour quelles raisons voulait-il en finir avec ses jours ? Brad
n’en avait pas la moindre idée. Cependant, il était bien décidé à découvrir ses
motivations. Et ainsi l’empêcher de commettre l’irréparable. Ensuite et
seulement ensuite, il se soucierait de ces étranges sentiments qu’il sentait
naître en lui pour son ennemi. L’oracle retourna dans la cuisine pour attendre
Aya. Un quart d’heure après, le Weiss sortit de la salle de bain, habillé du
peignoir donné par son ennemi. Il rejoignit Crawford dans la cuisine.
-
J’ai fini. »
fit-il calmement.
-
Bien c’est à mon
tour. » répondit le brun en se levant. « Le thé est prêt si tu en
veux sers-toi. Il y a aussi des biscuits dans le placard. Fais comme chez
toi. »
Le rouquin fit un signe la
tête en guise de réponse. Sans un mot de plus, l’aîné quitta la pièce pour
prendre une douche. Après son départ, Fujimiya se servit une tasse de thé puis
sortit un paquet de petits gâteaux. Plusieurs minutes s’écoulèrent avant le
retour de Brad dans la cuisine. Aya l’observa froidement et resta un instant
interdit devant la tenue du brun. Ce dernier ne portait qu’une simple serviette
enroulée autour de la taille tandis qu’une seconde lui servait à s’essuyer les
cheveux. Ce n’était pas la première fois que le rouquin voyait un homme presque
nu en dehors de lui-même. Mais jamais il n’aurait pensé un jour voir son pire
ennemi ainsi. Pour être franc, il ne regrettait pas d’assister à ce spectacle
des plus inattendus. Le Schwarz était vraiment très beau, avec une carrure
d’athlète, chacun de ses muscles se dessinant à la perfection sous sa peau
légèrement bronzée. Quelques gouttes d’eau s’écoulaient encore sur son torse,
rendant cette scène plus que sensuelle. Le Weiss sentit une bouffée de chaleur
monter en lui.
-
C’est à moi
maintenant de te demander pourquoi tu me fixes ainsi. » déclara Brad en
remarquant le regard insistant de son compagnon sur lui.
Aya sursauta mais resta
silencieux. Il baissa juste les yeux
pour cacher le rouge qui lui montait aux joues. Crawford sourit amusé puis alla
se alla se servir une tasse de thé. Il s’assit ensuite face à son compagnon, le
fixa avec calme mais aussi une inhabituelle lueur de douceur dans le regard. Sentant
qu’il l’observait, le cadet releva la tête.
-
Quoi ? »
demanda-t-il durement.
-
Je me demandais
pourquoi tu avais tellement envie de mettre fin à tes jours. » répondit plus
sérieusement l’oracle.
-
Qu’est-ce qui te
fais dire que c’est ce que je veux ? » questionna Aya froidement.
-
Allons, n’oublie
pas que je suis un oracle. » lui rappela l’aîné gentiment. « J’ai eu
une vision de toi te suicidant. Et j’aimerai savoir ce qui
t’arrive. »
-
En quoi ça te
regarde ? » interrogea le rouquin d’un ton glacial. « Après
tout, ne serais-tu pas content de me voir disparaître ? N’est-ce pas ce
que tu veux ? »
-
Si c’était
vraiment ce que je désirais, je n’aurai rien fait pour t’empêcher de tomber
dans cette rivière. » répliqua Brad en souriant doucement. « De plus,
je ne t’aurai pas ramené ici pour t’éviter de faire une bêtise. »
Le Weiss l’observa
intensément. Il devait reconnaître que Crawford n’avait pas tord. S’il avait
réellement voulu qu’il disparaisse, il ne serait jamais intervenu. Mais
pourquoi voulait-il le garder en vie ? Que manigançait-il encore ? Avec
l’oracle il fallait s’attendre à tout et surtout au pire.
-
Fujimiya, je
t’écoute. Raconte moi ce qui ne va pas. » le poussa doucement le brun, le
faisant sortir de ses pensées.
-
Pourquoi veux-tu
savoir ce qui me rend ainsi ? » demanda le rouquin d’une voix
agressive. « Qu’est-ce que cela peut te faire ? Ou
plutôt qu’est-ce que tu as encore derrière la tête ? »
-
Qu’est-ce qui te
fais dire que j’ai des arrières pensées ? » interrogea-t-il quelque
peu agacé par l’entêtement de son compagnon.
-
Parce que tu ne
fais jamais rien sans que cela te soit utile tôt ou tard ! » répondit
froidement Aya.
-
Lorsqu’il s’agit
du travail, c’est effectivement le cas. Je fais tout pour que tout tourne à mon
avantage. » reconnut l’aîné calmement. « Mais là, dis-moi ce qui
pourrait m’arranger dans cette histoire ? Ta mort me serait plus bénéfique.
Cependant, je n’ai aucune envie que tu quittes ce monde. »
-
Pourquoi ? »
questionna durement le Weiss.
Crawford le regarda
intensément avant de baisser les yeux en soupirant à nouveau. Pourquoi ?
C’était une très bonne question. Lui-même ne connaissait pas vraiment les
raisons pour lesquels il agissait ainsi. Il avait juste conscience d’étranges
sensations l’envahissant quand il se retrouvait en présence du rouquin. Cela le
prenait dans le creux du ventre et diffusait en lui une douce chaleur, mais
aussi une sorte de malaise. Sûrement dû au fait qu’il ne sache pas ce qui lui
arrivait.
-
Crawford !
Je t’ai posé une question ! » le rappela Aya le ramenant brutalement
à la réalité. « Alors je t’écoute. Et je veux une réponse claire et
nette ! Après peut être que je te répondrai. »
-
Je ne sais pas
vraiment… » avoua doucement l’aîné.
-
Comment
ça ? » demanda Aya surpris par cette réponse.
-
C’est assez
difficile à expliquer. Mais quelque chose en moi refuse de te voir disparaître. »
tenta de justifier l’américain en fronçant les sourcils. « Je ne sais pas
ce que c’est. Mais par exemple dès que je te vois en danger ou dès que je sais
que tu vas être blessé, je ressens comme une profonde inquiétude m’envahir…
Ainsi que de la tristesse de ne rien pouvoir faire pour t’aider parce que nous
sommes ennemis… Lorsque je me bats contre toi, mon cœur s’accélère… Pas parce
que ça me plait de me battre… Mais parce que je sais que je vais pouvoir te
toucher… Dès que je te regarde, je sens une douce chaleur m’envahir… J’avoue
avoir du mal à comprendre ce qui m’arrive. Je n’ai jamais ressenti pareilles
sensations avant de te connaître. »
Aya resta silencieux et de
marbre devant ces explications. Contrairement à son hôte il avait parfaitement
compris ce qu’il avait. D’ailleurs comment une telle chose pouvait-elle
arriver ? C’était plus que surprenant, surtout venant d’un homme comme
Crawford. Il était froid et du genre à ignorer ce qu’étaient les sentiments
d’amour. Il n’avait certainement jamais aimé personne avant. Le rouquin ne
pensait pas que le Schwarz puisse tomber amoureux de quelqu’un et encore moins
de lui.
-
Bien Aya,
maintenant c’est à toi de me dire ce qui ne va pas. » fit Brad avec
sérieux, le ramenant à la réalité.
-
Très bien puisque
tu insistes tellement, je vais te révéler ce qui met dans un état pareil. »
céda-t-il finalement. « En fait, je n’arrive pas à comprendre pourquoi je
suis le seul de ma famille à être encore en vie. Mes parents sont morts…
Ma pauvre sœur est dans le coma et elle n’a pas la moindre chance de s’en
sortir. J’ai eu beau la venger cela ne m’a pas apporté la paix… Au contraire…
Je me sens encore plus coupable d’être en vie. D’autant que plus que je ne le
méritais pas. Je suis un assassin… Et elle… Elle est encore si jeune et
innocente… Je n’arrive pas à admettre tout cela. Je ne mérite pas de
vivre. »
L’oracle l’observa
intensément. Alors c’était donc pour ça… Il aurait dû s’y attendre, sa réaction
était compréhensible. Si le brun avait était à sa place, il se serait sûrement
retrouvé dans le même état, du moins c’est ce qu’il pensait. Qui n’aurait pas
éprouvé ce genre de sentiments ? Même l’homme le plus froid ne pouvait
masquer très longtemps les choses qui lui déchirait le coeur.
Le Schwarz l’observa avec
douceur. Aya avait baissé la tête et posé une main devant ses yeux. Malgré
tout, Brad remarqua quelques larmes qui coulaient le long de ses joues. Son
cœur se serra à cette vision. Il ne pouvait pas le laisser dans cet état.
L’américain ne voulait plus le voir aussi triste. Doucement, il quitta sa
chaise et s’approcha du rouquin. Il prit place à ses côtés puis passa un bras
autour de ses épaules. Lentement, il l’attira à lui. Le Weiss sursauta
imperceptiblement, mais se laissa faire.
-
Ca va aller, Aya…
Calme-toi… » murmura gentiment l’aîné. « Cesse de pleurer…
Chut… »
Crawford commença lentement à
lui caresser les cheveux. Le rouquin se détendit légèrement, appréciant cette
tendresse pourtant si surprenante. Il posa sa tête dans le creux de l’épaule de
son hôte et soupira de bien-être. Le parfum de sa peau lui parvint, si
délicieuse, légèrement épicé. Aya inspira profondément pour en profiter au
maximum. Etrangement, il se sentait bien là, dans les bras de son pire ennemi. Une
douce chaleur l’envahit tandis qu’un curieux désir montait en lui. Il avait
envie de… l’embrasser… Que lui arrivait-il ? Brad était son ennemi. Il le
haïssait plus que tout au monde pourtant le Weiss avait rarement senti une
telle quiétude. Comment résister... ? Il ne pouvait pas, n’y arrivait pas.
Aya releva doucement le visage vers celui-ci de son compagnon. Il approcha
lentement ses lèvres des siennes puis l’embrassa. Sentant ce contact, Crawford
sursauta et s’écarta de lui. Il l’observa plus que surpris par ce qui venait de
se passer.
-
Aya… »
murmura-t-il étonné.
Sans un mot, le rouquin
reprit possession des lèvres de son compagnon, le faisant frissonner. Qu’arrivait-il
au jeune homme ? Qu’est-ce qu’il lui prenait d’agir ainsi ? Des
questions qui restaient sans réponse pour le moment mais surtout qui semblait
si peu importante alors que le baiser du Weiss se faisait un peu plus
passionné, alors que d’étrange sensations envahissait le corps de l’oracle. Ce
dernier ne pouvait résister et céda à ce désir qu’il avait jusque là, refoulé. Il
serra Aya dans ses bras et l’invita à approfondir leur échange. Tout en
l’embrassant avec passion, le brun se leva, obligeant son compagnon à l’imiter.
Lentement, il le fit basculer sur la table. Il quitta ses lèvres pour glisser
doucement dans son cou, mordillant tendrement la peau laissant par la même
occasion de petites marques rouges sur son passage. Le rouquin gémit tandis que
sa respiration s’accélérait. Brad continua sa sensuelle descente. Il écarta les
pans du peignoir pour avoir un libre accès au torse. Il y déposa de tendres
baisers, laissant un sillon brûlant sur son passage. La peau de son futur amant
avec un goût si exquis, légèrement sucrée. Le brun continua d’explorer et de
découvrir ce torse si magnifique. Il saisit entre ses dents un petit grain de
chair durci. Du bout de la langue, il le titilla puis commença à le sucer
amoureusement. Aya ne put retenir un gémissement de plaisir, encourageant son
compagnon à continuer. Crawford ne se fit pas prier faisant subir le même sort
à son jumeau. Il se redressa finalement et observa le jeune homme. Il se pencha
à nouveau sur lui pour s’emparer de ses lèvres. Lentement, il lui écarta les
cuisses. Il en caressa l’intérieur du bout des doigts, frôlant son intimité à
chaque passage ainsi que sa virilité. Avec une délicatesse extrême, il insinua
un premier doigt dans sa grotte jusque là inviolé. Le Weiss se cambra en
serrant les dents de douleur. Brad s’écarta un peu de lui pour l’observer. De
sa main de libre, il lui caressa les cheveux.
-
Là… Ce n’est
rien… » murmura-t-il avec douceur. « Ca va passer mon cœur… Il faut
juste que tu te détendes… »
Aya ne répondit pas, se
concentrant juste sur la voix de son amant qui lui susurrait des mots doux mais
également sur ses caresses. Lentement, il parvint à se détendre. La douleur
commença à peu à peu s’estomper. Sentant que le corps de son compagnon était
moins contracté, Crawford mit son doigt en mouvement, le faisant aller et venir
délicatement en lui. La respiration du rouquin se fit de plus en plus saccadée
pour devenir haletante. Le jugeant prêt, le brun retira son doigt pour le
remplacer par sa virilité. Avec douceur, il s’insinua en lui. Le cadet ouvrit
brusquement les yeux en le sentant le pénétrer. Il se cambra à nouveau sous la
douleur qu’il éprouvait en ressentant cette imposante présence en lui. Une fois
de plus, Brad lui murmura de tendres mots à l’oreille pour l’aider à ses
détendre, tout en caressant sa chevelure de feu et en commençant à se mouvoir
avec lenteur en lui. Rapidement, la souffrance que ressentait Aya se transforma
en sensation de plaisir. Son corps se détendit et il enroula ses jambes autour
de la taille de son amant. Ce dernier lui dédia un sourire puis accéléra
doucement ses mouvements, cherchant à aller plus loin en lui. Les deux hommes
se perdaient dans les sensations qui les envahissaient. Brad n’avait jamais
connu pareille extase avec un autre amant. Quant à Aya, il n’avait jamais rien
éprouvé de semblable. Comment ces deux ennemis auraient-ils pu imaginer une
seule seconde ressentir un tel plaisir l’un avec l’autre ? C’était
incroyable mais pourtant vrai. Au bout de longues minutes, le rouquin ne
pouvant plus se retenir, se contracta et se libéra en gémissant. Le sentant se resserrer
autour de lui, Crawford jaillit à son tour à l’intérieur de son compagnon. Il
s’appuya ensuite sur la table pour s’empêcher d’écraser son cadet de son poids.
Il le fixa en haletant. Le Weiss avait fermé les yeux, lui aussi tentait tant
bien que mal de reprendre son souffle.
Lentement et après avoir un
minimum récupéré, l’américain se retira. Avec sa serviette, il essuya le ventre
souillé de son amant puis le prit dans ses bras. Le cadet sursauta.
-
Qu’est-ce que tu
fais ? » demanda-t-il surpris.
-
Je t’emmène dans
la chambre. » répondit l’aîné en souriant. « Je crois qu’un peu de
sommeil nous fera du bien. »
Aya ne répondit pas, baissant
simplement les yeux. Doucement, il se sentit poser sur le lit. Il observa
l’oracle qui lui dédia un doux sourire. Il s’allongea à son tour puis rabattit
la couette sur leurs deux corps. Timidement, Aya se colla contre son amant. Crawford,
ravi, n’hésita pas un seul instant à le serrer dans ses bras.
-
Aya… »
murmura-t-il tendrement
-
Oui ? »
demanda l’interpellé d’un ton neutre.
-
Demain, je
demanderai à Schuldig s’il ne peut pas faire quelque chose pour ramener ta sœur. »
déclara gentiment l’américain.
-
Tu ferais ça pour
moi ? » interrogea le Weiss plus que surpris.
-
Je suis prêt à
tout pour que tu sois heureux. » répondit l’aîné en souriant. « Je
refuse de te voir abattu comme aujourd’hui. J’ignore pourquoi je fais ça pour
toi… Mais j’en ai envie… »
-
C’est parce que
tu m’aimes… » murmura le cadet en détournant les yeux pour cacher ses
joues rouges.
Ce fut au tour de Crawford de
sursauter aux paroles de son ancien ennemi. Aimer ? Lui ? Etait-ce
possible qu’un homme comme lui puisse tomber amoureux ? C’était difficile
à croire… Pourtant l’oracle devait bien reconnaître qu’il n’avait jamais
ressenti de tels sentiments pour quelqu’un… Alors C’était donc ça l’amour.
Finalement, il était bel et bien amoureux… Cette nouvelle venait de lui faire
un sacré choc.
-
Crawford… »
appela doucement le cadet.
-
Oui ?
-
Il faut que je
t’avoue quelque chose… » commença Aya avec timidité.
-
Je t’écoute.
-
Je n’en suis pas
sûr… Mais je crois que tu ne me laisses pas non plus indifférent… » avoua
le cadet en rougissant. « Ce que tu m’as fais tout à l’heure… Personne ne
m’avait jamais fait connaître autant de plaisir ni de bonheur… Je ne parle pas
que de… Enfin tu vois ce que je veux dire… »
-
Personne ne t’a
jamais serré dans ses bras pour te consoler comme je l’ai fait… » supposa
l’aîné en souriant.
-
Non… »
reconnut le Weiss tristement. « Seuls mes partenaires se soucient de moi
et tentent vainement de me remonter le moral. Mais ils échouent toujours. Tu es
le seul à avoir réussi l’impossible… »
-
Alors sache que
maintenant tu auras toujours quelqu’un pour te soutenir dans les moments
difficiles et pour t’aimer… En dehors de tes équipiers. » déclara
l’américain avec sérieux.
Pour la première fois depuis
l’accident de sa sœur, un fin sourire illumina le visage d’Aya. Son cœur se
serra et de petites larmes de joie coulèrent le long de ses joues. Sans un mot
de plus, il se jeta dans les bras de son amant. Crawford le serra, en souriant
tendrement.
-
Aya… »
commença-t-il doucement. « Je…. »
Il lui murmura la fin de sa
phrase à l’oreille. Le rouquin se colla un peu plus contre lui en entendant ses
paroles, frissonnant. Maintenant, il savait que plus jamais il ne serait
malheureux. Quoi qu’il arrive, il aurait toujours une personne pour l’aider à
surmonter ses peines. Quelqu’un pour lui ôter ses doutes qui le rongeaient… Il
pourrait enfin profiter d’un peu de bonheur et de chaleur auprès de son amant…
Crawford…
OWARI.